Prose

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AnniverGasse

written by: rafgasse

J'avais d'abord cru a un guet-apens.
- On a organise une surprise partie !!
Ensuite, j'ai cru a un assassinat organise.
- C'est le grand soir !
Depuis quand annonce-t-on que l'on a organise une surprise-partie ? Bof, ca ne m'aurait pas surpris... Je frequente une ecole ou la vitesse de comprehension des eleves ne frole pas du tout la vitesse maximale atteinte par un escargot sur l'adrenaline pour echapper a la mort.
Finalement, j'ai fini par y croire. Des gens s'etaient organises pour que je sois heureuse le jour de ma dix-huitieme annee de ma mediocrite de vie. Dire qu'il y avait des gens qui enduraient ma pauvre et miserable personne.
Le dix mai, au soir, je me rendis le pied trainant et l'ame aussi absente que le talent de composition de Celine Dion chez Samantha. Samantha etait une personne a qui je devais avoir parle deux fois en trois ans. Super. Si je suis la premiere arrivee, ce qui serait vraiment une belle merde pour une surprise partie, je vais etre obligee de l'entretenir. Samantha est le genre de fille qui ne sait pas qui est Obama. Vous voyez le type ?
- FRED !

J'en étais la dans mes lamentations quand une voix stridente digne d'une jeune femme refusee à Canadian Idol m'interrompit.
Et voila, en plus de marcher a contrecoeur, j'allais devoir me retourner en ayant l'air interesse.
- Mmm ? murmurai-je
- Samantha n'habite pas tres loin, j'y vais aussi ! Je vais t'y accompagner !
J'ai la meilleure vie du monde. J'ai la chance d'etre accompagnee par la representante du club anticellulite.
- Euh... Comment va ton doux Antoine ? demandai-je, cherchant à combler ce silence
- On n'est plus ensemble.
- Oh. Quel dommage. Vous sembliez si...
Stupide ?
- Si...
Roses ?
- Si assortis !
Super, un adjectif acceptable et presque positif.
- Ah ! Hihi ! Je prends ca comme un compliment alors ! s'epoumona-t-elle comme une cancre de premiere


Je ne savais pas si je devais etre contente d'etre arrivee a destination. Oui. Je n'en pouvais plus de cette Polly Pocket grandeur nature.
- C'est ici !
Merci, Kelly, je sais lire une enseigne de porte.
L'edifice d'ou elle crechait etait digne de la Trump Tower a New York. J'etais presque convaincue qu'il abritait un Starbucks Coffee.
- C'est le 12e !
Merci, Barbie mariee, je sais lire un carton d'invitation.
Le silence dans l'ascenseur etait si pesant, que j'aurais pu croire qu'on s'ecraserait comme dans Clanche.
Ding ! L'ascenseur etait monte. Crouing ! Les portes s'ouvrirent. Un bruit inepte et agressant sorti de la bouche de la Bratz blonde. Style :
- C'EEEEEST NOUUUUUUS ! OUIIIIIII ! ON EST SIII CONTENTE D'ETRE LAAAAA !!!
Eh oui, cette insanite digne d'une pinconne-femme etait sortie sans que je puisse l'en empecher.


Ce fut un des moments les plus desagreables de ma vie. Dans cette categorie, ma mort y figurerait probablement dans le futur.
- Heeee ! Oh non... On n'a pas eu le temps de se cacher... dit l'un des gus bronzEs aux lunettes Gucci.
- Heiiiiin 'on' ???? Quiii ? Ooooooh ! demanda la fille qui m'avait lourdement escorte jusqu'a cet endroit qui serait mon assassin.
- BONNE FETE ANNE-SARAAAAH ! crierent les troupes bronzees et blondes

Je le savais que tout le monde (toutes categories, sexes, sectes, tailles et poids, aimant les cereales ou pas, lieux nataux et generations compris) se foutait eperduement de moi, Frederique. Le dix mai. Deux personnes de la meme ecole sont nees. Moi. Et cette Californienne ridicule.


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